09
nov
2010

Extrait d’un article d’ARTE : le prix moyen de la bouteille achetée ..Enorme

cognac soiffard“Quel est le prix moyen d’une bouteille de vin ? 5, 10, voire 15 euros ? Faux ! Les habitués des rayons des supermarchés, les lecteurs des magazines spécialisés, les aficionados des guides œnologiques n’en reviendront pas :

pour une bouteille de vin blanc, les Français déboursent en moyenne 2,38 euros, les Allemands 2,70 et les Suisses 4,47. C’est ce qu’a montré une vaste étude réalisée  à la demande du salon Vinexpo de Bordeaux.

Les œnologues sont nombreux à se demander comment il est possible de produire à des prix aussi bas – et le consommateur moyen aussi : compte tenu des frais de transport, des coûts d’embouteillage, des taxes douanières et autres, des marges bénéficiaires des importateurs et des négociants, des frais de marketing, il n’est pas interdit de s’interroger. Quelle est donc en définitive cette « vérité » qui remplit nos verres ?

Aujourd’hui, ce sont les discounters et les grandes surfaces qui contrôlent le marché du vin : c’est le cas pour 75 % du marché français ; quant au marché allemand, il est dominé à 23 % par le seul discounter Aldi. C’est un fait. Mais il faut aussi savoir que ces organismes n’achètent que les vins disponibles en grandes quantités. Bien que le nombre de bouteilles de 0,75 litre écoulées ces dernières années soit en continuelle progression, plus de 50 % des quantités commercialisées en France (34 millions d’hectolitres) et en Allemagne (20 millions d’hectolitres) sont conditionnées sous forme de briques, de cubes, de bags et autres conteneurs du même acabit.

. Ces dernières années, les perdants ont été les vins français et allemands, les vins italiens ont juste pu se maintenir, les vins espagnols et ceux du « nouveau monde » ont progressé ; selon la terminologie œnologique, les « vins du nouveau monde » sont ceux du Chili, d’Afrique du Sud, d’Australie, etc.

Les « nouveaux » pays producteurs vont accroître à qui mieux leurs superficies viticoles à raison de 32 % au Chili, 30 % en Afrique du Sud (dont 400 hectares sur un seul et même nouveau domaine), 25 % en Nouvelle-Zélande et même 15 % en Chine – car si le vin chinois n’est pas encore arrivé en Europe, 2,5 % des vignobles du monde sont plantés dans l’Empire du Milieu (précisons qu’il s’agit encore le plus souvent de raisin de table).

Dans ces conditions, on ne s’avance pas beaucoup en disant que les surplus qui se chiffreront à la moitié de la consommation globale plongeront le marché du vin dans une véritable débâcle. Les petits pays producteurs comme la Suisse et l’Autriche, avec leurs quelques milliers de bouteilles annuelles, n’auront aucune chance : face aux vins de consommation courante, fabriqués mécaniquement et mis sur le marché à grand renfort de marketing, ils ne seront ni compétitifs au niveau des prix ni en mesure de figurer en bonne place dans les rayons.

En outre, ces nouveaux vins qui seront pour la plupart produits en laboratoire et dans les celliers, seront moins tributaires des cépages et des terroirs. Ils pourront être adaptés avec rapidité et précision au goût international prédominant ou à la mode dans le bas de gamme ou dans la gamme moyenne : il sera facile d’en ajuster le goût en bouche, le caractère plus ou moins fruité, l’acidité, l’harmonie, le moelleux, le taux de tanin ou d’acidité, ou d’insister sur les caractéristiques d’un cépage particulier.

Ecrit par Le gout du Vin dans : actualités vins |

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