Le grave danger des produits phytosanitaires : un début de prise de conscience ?
Le 16 janvier , Yannick Chenet 43 ans et viticulteur de Charente, s’est éteint des suites d’une leucémie que la Mutualité sociale agricole (MSA) avait reconnue comme maladie professionnelle. Il attribuait ce cancer aux produits phytosanitaires qu’il avait étendus sur ses vignes. L’homme luttait contre ces pratiques.
Son décès doit servir à mettre en lumière les GRAVES DANGERS des produits phytosanitaires répandus sur les vignes , pour traiter les maladies . Il fait partie d’une quarantaine de viticulteurs et d’agriculteurs en France dont les graves soucis de santé sont maintenant directement à leur profession et aux pesticides, herbicides qu’ils ont répandus sur leurs vignes ou plantations . Peu avant sa mort à l’hopital Yannick déclarait « quand je suis arrivé à l’hopital j’ai vu sur les pilules que j’avais en traitement le même logo que celui des produits que j’avais épandu . Je me suis dit ce n’est pas possible : le groupe qui m’a empoisonné m”administre maintenant les traitements pour me soigner «
C’est tout le cynisme du libéralisme poussé à sa limite , avec des pressions à la productivité , la PAC etc . J’ai été moi même surpris, lorsque j’ai suivi les cours Viti oeno d’un BTS d’apprendre que pour les produits les plus nocifs il était interdit de rentrer dans la parcelle pendant les 3 jours qui suivaient les traitements . Quid du cycliste en VTT qui passe aux abords ? mais surtout aux voisins qui épandent leurs linges ? et de leurs enfants qui jouent aux abords ? . « Malheureusement » certains effets ne sont visibles qu’au bout de 20 ans .
De la même façon, un petit village proche d’Epernay s’est vu récemment interdire de boire l’eau courante, à cause de la forte présence d’herbicide , sur des molécules depuis longtemps interdites . Cette pollution des eaux embarrasse le monde agricole et viticole et confirme que le sol « relargue » des matières actives plus de 20 ans après leur utilisation
Près de 30 % des quelque 220.000 tonnes de pesticides utilisés chaque année en Europe est pulvérisée sur le sol Français et un cinquième de ce montant (soit 13000 Tonnes ) va sur le vignoble français. Malgré le fait que les vignes ne rentrent que pour cinq pour cent de la surface totale des cultures en France
Un viticulteur , Didier Fenoll témoigne dans le midi libre qu’il à connu un peu la même histoire . C’est son père, Joseph, qui est décédé d’une tumeur au poumon. Le fils accuse aussi ces produits phytosanitaires. Cela a « provoqué » la conversion de l’exploitation familiale au vin bio. « C’était déjà dans ma philosophie. Depuis vingt ans, on ne mettait plus d’engrais. Et dix ans que l’on ne désherbait plus. Cela a été un déclic, explique Didier Fenoll. On a tous voulu fermer les yeux pendant des années.
Alors, on nous a, des entreprises phytosanitaires aux pouvoirs publics, fait faire n’importe quoi, sans précaution»
Il cite le désinfectant de sol Ténik qu’il fallait absolument passer pour obtenir les primes à la plantation. « À la base, c’était logique de nettoyer le sol mais on l’a infecté. Comme indication, on nous disait de ne pas en répandre à moins de 150 m d’un point d’eau ou d’un arbre fruitier. Ce que l’on n’a pas respecté non plus », confesse -t-il.
Peu avant sa conversion, chaque année, on lui conseillait de déverser 200 litres (avant dilution) de désherbants et autant de fongicides, pesticides et insecticides sur ses 20 hectares de vignes. Le coût d’un désherbant, par exemple, était de 100 € à l’hectare. Mais cela ne s’arrêtait pas là. Dans les bouteilles, pour éviter le dépôt naturel de tartre dans le vin, peu vendeur, il fallait mettre de l’acide métatartrique.
‘La cuvée des aïeuls’ en hommage à son père, marque ce changement de mœurs. Didier Fenoll et sa femme Sylvie achèveront le passage au bio pour la cuvée 2012. C’est moins de frais en produits, mais plus de travail d’où un surcoût de 30 %. « Qui se retrouve dans la qualité, estime-t-il. En bio, on traite aussi, mais avec des produits relativement propres, même s’il n’y en a aucun de vraiment propre. Et puis, ils sont soumis à des règles strictes ».
C’est la lueur d’espoir . En 2008 , seul 5% des vignobles Français était bio . D’ici à 2012, 10 % . Et près de 30 % des vignerons Français se disent proches de tenter l’expérience . C’est à dire ne plus traiter, enherber , et apprendre à la vigne à se défendre toute seule , sans avoir recours à des cautères sur une jambe de bois . Il suffit de voir une feuille de vigne bio et une autre du même cépage pour s’en convaincre .
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[...] Ce billet était mentionné sur Twitter par Eva Robineau, Jérémie Bertrand. Jérémie Bertrand a dit: "En france, le vignoble représente 5% de la production agricole, et 20% des épandages de pesticides". http://bit.ly/g6y4Rp [...]