Un vestige d’achat de foire aux vins , en magnum . Les 18 ans de ma belle fille et une belle tablée de 16 personnes, c’est l’occasion de sortir les magnums .
Pour l’apéritif, un Roederoer brut premier , avec une bulle très fine, peu effervescente, et une bouche a la fois onctueuse et élancée , pour moi la signature des grands champagnes, sur des notes d’agrumes , de craie et d’iode . Vraiment excellent , apprécié par tout le monde . Un autre champagne a été servi à la suite, un cran en dessous mais le pinot meunier majoritaire lui donne une touche intéressante, sur des notes de sous bois et de terre mouillée .
Sur des ballotins de saumon au riz vénéré , citron confit , miel de citronnier (recette sur le blog , inspirée d’Eric Guerin de la Mare aux Oiseaux, un restaurant étoilé du coté de Guérande) , un magnum de muscadet Gorgeois 2004 de chez Michel Brégeon prend des allures de grand bourgogne, marqué en particulier par le moka et les agrumes , avec une profondeur superbe . Certains , dont mon beau père sont un peu déroutés et déçus de ne pas avoir le coté incisif et perlant”traditionnel” du muscadet . D’autres sont époustouflés . Je suis plutôt dans cette catégorie , même si je suis bien conscient que je commet un infanticide . Le deuxième magnum restera bien au chaud pour plusieurs années .
Puis sur des rotis de boeuf , un bordeaux pour commencer . Il s’agit d’un Saint Estèphe 2005 , chateau Sérilhan , vestige des foires aux vins ou je sautais sur tous les Bordeaux qui bougeaient . Ce n’est heureusement plus le cas aujourd’hui . En quelques années (3/4) , ma cave est passée de 70 % de Bordeaux à 12% aujourd’hui . Mais il me reste quelques pépites dont des Yquem 1996,2004,2005, des Léoville las cases 98 , des Ducru Beaucaillou 2003, des Malartic Lagravière 2005., des Montbousquet 2005 , des Cos et des Montrose ….On verra ce que ça donne dans quelques années . Etant donné que je n’avais pas un public d’expert, j’ai sorti ce très honorable Saint Estèphe payé environ 30 € le magnum en 2008 . L’encépagement est classique, majoritairement Cabernet sauvignon, assorti de 35% de merlot . Les vignes sont enherbées (ce qui crée une concurrence et oblige la vigne a descendre en profondeur pour se nourrir) , du travail en vert , des vendanges manuelles et des rendements raisonnables (50 hl/ha) et s’est attaché depuis peu les conseils d’Hubert de Bouard (Angélus). Bref on sent que ce chateau essaie de bien faire . A l’aveugle , il est d’ailleurs parfois sorti devant de bien plus illustres domaines de cette appellation.
le magnum a été ouvert le matin , et carafé une heure avant la dégustation . Le nez est encore un peu fermé , et légèrement marqué par le bois , avec des arômes torréfié , cacao et café, mais ca n’est pas too much, ca passe je dirais . Au dela de ca, des notes de boite à épices , des aromes un peu fumés et de tabac blond , et de fruits noirs , cassis et myrtille en particulier . En bouche, le vin est charpenté, charnu mais pas exempt d’une certaine élégance que portent des tannins soyeux sur des arômes de fruits noirs avec une finale sur les épices orientales . Cela manque toutefois un peu de précision en l’état . Certainement bu trop jeune . Assez bien .0
Pour la suite , Mas Laval , toujours en magnum 2005 . Servi sur le principe d’une dégustation ascendante . Il n’y a pas photo . C’est largement au dessus de tout points de vue . Ca a vu le bois aussi, mais le choix de la chauffe très faible et le fait que ce soit des barriques d’un vin font que c’est déjà intégré (DRC , excusez du peu) . De légères notes vanillées sont la pour rappeler que c’est passé en barrique, mais c’est presque evanescent, fugace . Je ne vais pas refaire tout la dégustation , je l’ai faite fin février sur une bouteille lien ici . C’est très proche, la truffe domine au nez . En bouche du fruit , de la profondeur , de la densité , de la fraicheur . Vraiment excellent. Tous les convives sont conquis . La petite différence vient que sur la bouteille , le bois était encore plus intégré .
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