18
mai
2011

Visite au domaine de l’écu : de la sève dans les veines

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Résolument Bio et pas par effet de mode !

A ma connaissance, le domaine de l’écu est le seul certifié Demeter (en Biodynamie) du muscadet et ce depuis plus de 15 ans, et en Bio depuis 40 ans . Ca en faisait sourire certains, il parait, de le voir mettre des décoctions de prêles sur les vignes , alors que la tendance était aux produits phyto à bloc, certains étant, on le sait maintenant terriblement nuisibles pour la santé .C’et maintenant une référence, pas seulement régionale .  Ca s’appelle avoir de la suite dans les idées et un train d’avance


Le domaine de l’écu  fait partie d’un réseau avant gardiste qui s’appelle Renaissance des appelations (http://www.biodynamy.com/charte-qualite.php) ou figure, par exemple, le domaine Laffont, Leflaive en Bourgogne, Angély en Loire  et qui s’appuie sur les travaux de Rudolph Steiner en 1920 pour considérer la vigne dans son environnement global et favoriser la vie en prenant en compte les astres comme la lune, les jours feuilles , racines etc . Guy Bossard, figure emblématique du Muscadet, s’est associé avec une personne qui se trouve être l’un de mes amis, Fred Niger. L’idée est que Guy transmette sur plusieurs années son savoir faire. Il y a du pain sur la planche !



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Crise du muscadet et primes d’arrachage

Guy Bossard  n’a pas la langue de bois. Quant on lui demande pourquoi il y a crise dans le muscadet il explique

Dans la région, on vendait beaucoup de nos vins en Angleterre, parfois plus de 50%. ils étaient très appréciés et en vogue  . Il y a eu le terrible gel de 91 et le millésime 92. Beaucoup pensaient surfer sur la vague mais ont tué la poule aux oeufs d’or. Les Anglais ont vite compris que les vins de ce millésime étaient de bien moindre qualité mais qu’ils étaient toujours au prix fort . Ca n’a pas été notre cas, mais ca n’a rien changé. Les Anglais  se sont tournés vers les vins du nouveau monde qui se trouvaient être aussi des pays du Common Wealth (Australie, Nouvelle Zélande , Afrique du Sud)   avec qui une longue histoire existait et des liens commerciaux étaient très ancrés . Ca a été très vite. En 93/94, le vignoble était en crise. De plus, un amalgame a été fait, et beaucoup de vins Français quelle que soit leur qualité ont été rejetés “.

Je ne suis pas forcément Anglophile, mais ca se comprend. Et depuis ca rame, jusqu’à avoir aujourd’hui des primes d’arrachage. Mais l’Australie un peu pour les mêmes maux, traverse elle aussi actuellement  une terrible  crise viticole (voir billet du 2 mai sur ce blog à ce sujet)

Un mot la dessus. Guy ?  : “Ces mesures d’arrachage arrivent après la bataille. Le principe est bon mais c’est déjà tard, et ca devrait être plus cadré. Des vignes de plaine sont laissées en production alors que des bons terroirs sont en train d’être arraché «


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Sur le réchauffement planétaire

On est vigneron depuis 3 générations . Mon grand père qui est né en 1894 et mort en 1975 n’a jamais vendangé en août .  Mon père l’a fait 3 fois , entre autre pendant la fameuse période de cannicule de 1976 . Et moi , je l’ai fait 7/8 fois . Mes amis vignerons Corses me disent qu’en 15 ans , ils ont avancé les dates de vendanges de 15 jours . 1 jour par an ! On est pas en Corse , mais c’est inquiétant . C’est sur , il y a moins de mildiou et de pourriture (il faut aussi noter , entre nous , que les décoctions de prêle et d’ortie et l’ensemble des traitements naturels visent aussi à rendre la vigne plus résistante d’elle même aux maladies) , mais il peut y avoir un décalage entre la maturité physiologique et la maturité phénolique , ce qui peut donner des tannins plus rudes . On verra peut être des vignes en Bretagne dans quelques dizaines d’années”

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On est sur la parcelle  d’Ortogneiss ” ca tombe bien , on est en train de décavaillonner “cad  dégager les pieds de vigne de la terre mise à l’abord de l’hiver pour le protégér (voir photo plus haut) . C’est impressionnant, comme les sols sont vivants , les oiseaux s’en donnent à coeur joie : des bergeronnettes , des corbeaux et même une perdrix .  Et ca sent la terre ,  la bonne terre, je me dis,  difficile à expliquer comme sensation . “Va voir ceux qui font le labour du sol et qui ne sont pas en bio” .…J’ai compris , ca fait nature morte, oui , c’est ca. J’ai déjà vu en fait ,  et la différence est marquante

Bon c’est pas tout ca, mais on goute maintenant …………

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Gros plant 2010 : nez fumé, iodé, citron vert . En bouche toujours la dominante citron, tendu mais pas acide . Assez Bien . Recommandé sur des huitres ou une tome de Brebis. Voila qui est original !

Cuvée classique 2010 : nez iodé à nouveau , notes citronnées à nouveau mais plutôt citron jaune, pamplemousse jaune bien mûr. Une bouche ronde, dense , tapissante, étonnante pour un muscadet . Ce n’est pas tendu mais il y a un bel équilibre. Belle amertume en finale et quelle longueur !  A boire . Très bien +, et à moins de 5€ ! Recommandé sur des tapas au guacamole épicés, une terrine de sardine au citron vert .

Gneiss 2009 : nez très différent, sur l’amande amère et la noisette et surtout minéral . Bouche franche , mais un peu fermée à mon goût , ce jour la (un jour feuille , pas le top pour gouter, dixit Guy ) très minérale . Bien . Recommandé sur des chèvres frais ou des poissons au beurre blanc , ex  aile aux capres et beurre noisette .

Orthogneiss 2009 : De très vieilles vignes (65 ans)  notes très iodées , algues , et minérale sur la coquille d’huitre associé à des notes de cumin et de fruits secs  . Bouche suave, presque crémeuse,  tout en ayant un coté en dentelle , pur, aérien et tendu avec beaucoup de fraicheur  . Superbe finale sur l’amande amère . Très Bien ++. Un vin a attendre, si l’on peut résister :) . Recommandé avec de la cuisine asiatique

Granite 2009 : si j’osais , je dirais que ce vin est un roc , encore recroquevillé sur lui même . Nez fermé , sur des notes d’agrumes , de coquilles d’huitres et de fleurs blanches . La bouche est très agrumes , citron jaune et pamplemousse rose . Grosse densité et grosse tension en même temps avec beaucoup de pureté . Très bien+ , un vin en devenir .

Gneiss  2005 : Et dire que ce vin a failli être refusé à l’appellation tempête Guy . Le vin a été carafé, la robe est beaucoup plus soutenue, couleur blé . Nez sur l’ananas frais , le noyau d’amande, la badiane et la menthe fraiche . Pour moi, un vin aux allures de grands Bourgognes, type Chablis . Tout simplement excellent

Bref , une très belle gamme avec beaucoup de cohérence, et des prix très raisonnables à ce niveau de qualité (entre 4.65 et 8 €) . Et le millésime 2010 s’annonce fameux .

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